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 L’embouchure d’un ruisseau où s’échouaient les bateaux…

C’est par une ordonnance royale que, le 16 mai 1836, la commune de Pordic cède à sa voisine Binic neuf de ses villages situés sur la rive droite de l´Ic. Un acte d’une grande valeur symbolique ; il sépare le territoire de la commune de l’embouchure de ce petit cours d’eau qui offrait aux embarcations un port d’échouage naturel. La commune perd alors le lieu lui ayant donné son nom… Un nom d’abord composé : « Port d’Ic » (1206) qui au fil du temps est devenu Pordic.

Traces gallo-romaines

Bien avant cette époque, des gallo-romains s’installent sur la côte, laissant quelques traces de leur passage, notamment des fondations de villas retrouvés à la « Pointe » de Pordic. Ont également été découvertes les ruines du « Camp Bernains », situé à proximité du village de Quéré. Ce camp faisait vraisemblablement  partie d’un ensemble défensif plus complet comprenant aussi celui de la ville Oria à Trégomeur et du Rocher-Collet à Lantic.

Une paroisse au Moyen-Âge 

C’est au cours du Moyen-âge, suite au démembrement de la grande paroisse de Plérin (qui comprenait également Tréméloir), que Pordic est elle-même élevée au rang de paroisse. La première mention qui a été conservée de son nom date de 1160, à l’occasion d’une donation à l’Abbaye Ste Croix de Guingamp. Possession de Conan, fils du comte de Penthièvre, la paroisse a été attribuée en donation à l’Abbaye de Beauport (près de Paimpol).

De cette date jusqu’à la révolution, la paroisse de Pordic dépendra de l’abbaye de Beauport. Elle a traversé les diverses vicissitudes de l’histoire de la Bretagne mais celle-ci y a cependant laissé peu de traces.

Après la révolution 

La première municipalité pordicaise est élue en 1790. En 1836, la commune à été amputée d’une partie de son territoire, situé sur la rive droite de l’Ic pour être attribué à BINIC dont la commune venait d’être créée quelques années auparavant (1821) par démembrement de celle d’Etables.   

Au 19 ème et début du 20 ème siècle, la commune de Pordic apparaissait comme une commune rurale classique avec cependant une activité maritime importante liée à la pêche côtière traditionnelle (Petit Havre), à des corderies et surtout aux emplois fournis par « la grande pêche à la morue » (Binic, St Quay et Paimpol).

 Quelques traces de cette histoire

Corps de garde

La côte rocheuse qui domine la mer de près de quatre vingt mètres confère à Pordic un intérêt stratégique évident. Un corps de garde y est érigé dès le XIIIème siècle. Démoli puis reconstruit, il est complété d’un four à boulet en 1793 et, pour renforcer ce dispositif de défense, deux canons sont installés face à la mer, en contrebas… Mais Pordic ne sera jamais attaqué !

Les habitants tirent profit économiquement de ces hauteurs parcourues de ruisseaux en y construisant pas moins de huit moulins, à eau et à vent !

La digue du « Petit Havre »

Côté mer, l’aménagement principal se dessine sur la plage du « Petit Havre. Au début XVIIIe siècle, une digue est construite sur la grève et abrite quelques modestes bateaux de pêche.

Ce n’est qu’au XIXe siècle que de nombreux Pordicais embarquent pour les campagnes d’Islande.

Toutefois, la principale activité économique restera l’agriculture jusqu’au récent dévelloppement résidentiel lié à l’essor de l’agglomération briochine.   

La Chapelle du Vaudic 

Si elle est d’une origine très ancienne, puisqu’on retrouve trace de sa reconstruction en 1387, elle a été restaurée à différentes époques. Elle ne semble conserver aujourd’hui de l’époque médiévale que la fenêtre de chœur, mais reste un élément de patrimoine intéressant à différents titres (chaire de 1665, sculptures, tableau représentant Saint-Antoine). Cette petite chapelle se cache discrètement derrière un if majestueux et plusieurs fois centenaire, son porche est protégé de deux grotesques sculptés.

La Chapelle de la Garde 

Bâtie en 1849, elle est située à la Croix Guingard. Cet édifice devait être aperçu comme un phare et inspirer confiance, courage et… reconnaissance aux marins pêcheurs. Elle est invoquée sous le nom de Notre Dame de la Garde, un pardon y a lieu avec bénédiction de la mer le samedi ou dimanche qui suite le 15 août. 

Le Manoir du Prépéan 

Construit en 1722, il est caractérisé par un mur d’enceinte plus ou moins fortifié. Il appartenait aux seigneurs Conen de Prépéan qui, au XIIème siècle, possédaient une très grande partie de Pordic. Il fut notamment habité par Louis Conen de Pré Péan (1722-1837), père de la sténographie française (Voir plus bas). 

La Villa de la Ville Evêque (1902) 

Le sculpteur Ferdinand Massignon, dit 'Pierre Roche' (1855-1922), donne à voir une illustration de l’art nouveau, à travers la construction de sa demeure. Dessinée par Jean-Marius Girard, elle est intéressante en particulier par les sculptures du maître des lieux. La villa fut habitée également par le grand orientaliste Louis Massignon (Voir plus bas). C’est une propriété privée visible de l´extérieur, qui abrite aujourd´hui des chambres d´hôtes.  

Croix celtique de Massignon 

Croix celtique d´origine irlandaise, dédiée à Notre Dame de Liesse, édifiée en 1908 par Louis Massignon, grand orientaliste né en 1883 et enterré au cimetière de Pordic. Cette croix à quatre branches est visible depuis le sentier de découverte du Vau Madec. 

Le Pont de Percée (Vallée du Parfond du Gouët). 

Créé par Harel de la Noé, c’est le plus haut construit sur la ligne de chemin de fer Saint Brieuc-Paimpol au début du XXème. Propriété du Conseil Général, il fait l’objet d’une remise en état qui favorisera le développement de son utilisation en circuit de randonnée et de vélo-route.

 

 

Lien vers  www.baiedesaintbrieuc.com

Patrimoine  (voir aussi la rubrique tourisme)

 Pordicais

Un certain nombre de personnages célèbres sont liés à Pordic dont :

  • Louis Conen de Prépéant, né à Pordic (1777-1837). Il peut être considéré comme l’un des fondateurs de la sténographie. On lui doit en 1813 « Sténographie exacte ou l’art d’écrire aussi vite que l’on parle », qui connaîtra un grand succès et… une traduction en latin ! 
  • Ferdinand MASSIGNON (dit « Pierre Roche ») (1855-1922), élève de Rodin, fit bâtir la résidence de la ville Evêque où il passait une partie de l’année. Il a contribué au renouvellement de la sculpture par ses recherches sur l’alliance de matériaux variés, puisant son inspiration à la source médiévale et régionaliste. 
     
    Il est l’auteur de nombreuses oeuvres monumentales souvent réalisées en association avec des architectes et qui traduisent ses préoccupations concernant l’adaptation de la figure à l’architecture. 
  • Louis MASSIGNON, son fils (1883-1962), spécialiste des civilisations arabo-islamiques, un professeur au collège de France. Il fut un des principaux acteurs de l´établissement d´un dialogue entre l´Islam et l´Église catholique. Fondateur du pardon islamo chrétien des 7 dormants d’Ephèse à Vieux Marché.  À sa mort, le 31 octobre 1962, Louis Aragon écrivait : « Un des hommes qui signifient la France vient de disparaître ».

voir aussi la rubrique Médiathèque qui dispose
d´un fonds spécialisé ´Louis Massignon´